Charlotte VITAIOLI

Feutre & Feutre 

Charlotte VITAIOLI

« On cherche quelque chose ensemble — mais ça n’a pas de nom. C’est une nébuleuse. Un champ d’attractions entre différentes choses. Chacune est un levier pour ouvrir un coin de mystère. » Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, Tome I, p.179.

De l’écheveau d’intrigues emmêlées dans notre imaginaire collectif, l’artiste Charlotte Vitaioli étire bizarrement le fil. L’épopée dont elle fait le récit est borderline, peuplée de réminiscences et de rêveries, de fantasmes flous et de souvenirs reconstruits. Riche en références éclatées, l’œuvre baigne dans une atmosphère fantastique, où l’on croise plusieurs apparitions miraculeuses, des gisantes charismatiques, un justicier au cercueil, Hokusaï et Warhol, Arnold Böcklin et Jim Jarmush. Un paysage comme un patchwork mental, historique, géographique qui embrasse tellement de figures discordantes qu’on pourrait craindre qu’elles ne frayent ensemble : pourtant, cette mémoire plurielle dessine les contours d’un monde cohérent, comme entraperçu à travers la vitre d’un train fantôme.

Texte d'Eva Prouteau,
Exposition Résidence 2016 au Centre d'Art de Pontmain


Pour nous faire entrer dans son univers, l'artiste Charlotte Vitaioli s’empare d’un panel de personnages iconiques aux destins brisés issus de notre mythologie proche.

Défilent ainsi dans une une mise en scène néogothique : Dark Vador, qui sombra du coté obscur par amour pour sa mie, Marilyn Monroe, ange blond dont les ailes se brulèrent au contact d’un succès trop vif. Ou encore Jim Morrisson, affilié au premier des dandys, le ténébreux comte Dracula. «C’est plus beau de parler de ce qui est triste».

Maniant le stylo feutre comme d’autres le pinceau brosse, mêlant toutes les époques, toutes les techniques, alliant à des couleurs pop cornes de chimères et enluminures, comme lorsqu’elle affuble le masque de cette amazone moderne de Catwoman de l’attribut pointu d’une licorne, Lady Vitaioli surfe sur les contrastes et les concepts, va où elle veut quand elle veut.

Aux douleurs de l’été indien, elle lui préfère sa lumière si particulière, entre le jour et la nuit, ou le réel se grime aux contes de fée, comme dans les films de Demy, qu’elle n’admire pas qu’à moitié. Ses influences sont d’ailleurs plus à chercher du côté des salles obscures que de la ligne claire, chez Fellini et Jodorowsky, dans le Nosferatu d’Herzog... (...)"

Mélancolie piégée, texte d’Antonin Druart pour Kostar # 44/Saison 9/ février-mars 2015

 

Projet FESTIVINI 2016 en collaboration avec @FontevraudLaScène - Revoir Wendy

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